Non aux fermetures de classes

 

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Lors de son discours devant le Sénat à l’occasion de la conférence nationale des territoires le 18 juillet 2017, le Président de la République a déclaré que « les territoires en particulier les plus ruraux ne peuvent plus être la variable d’ajustement d’économie », ajoutant qu’« il n’y aura plus de fermetures de classes dans les écoles primaires ».

20 mois plus tard, force est de constater que cette promesse n’a pas été tenue. En Tarn-et-Garonne, plusieurs suppressions de classes sont ainsi annoncées pour la prochaine rentrée scolaire : Caussade, Monclar-de-Quercy, Varen… J’y suis fermement opposée.

Ces fermetures découlent de deux évolutions :

  1. Le dédoublement des classes de CP et CE1 en zones d’éducation prioritaire (REP). Ce dédoublement est une bonne chose. Mais comme le Gouvernement n’a pas créé assez de postes, il a fait le choix de ponctionner les écoles des territoires ruraux afin de libérer des postes pour mettre en œuvre cette mesure, ce que je déplore.
  2. Des créations de postes en forte baisse. Pour rappel, entre 2012 et 2017, il y a eu 69 créations de postes dans les écoles de Tarn-et-Garonne, soit une moyenne de près de 14 créations de postes par an. Depuis 2017, ces créations de postes ont très fortement ralenti : 2 en 2018 et seulement 1 poste supplémentaire à venir à la rentrée 2019, alors qu’il va y avoir 15 nouveaux dédoublements de classes en CE1.

Si elles étaient actées, ces fermetures de classes seraient extrêmement préjudiciables pour la qualité et la dynamique de l’enseignement dans nos communes rurales.

C’est pourquoi je m’oppose fermement aux fermetures envisagées. C’est ce que j’ai indiqué au Président de la République que j’ai rencontré mardi 5 février et c’est également ce que je redirai à Monsieur l’Inspecteur d’académie que je rencontre vendredi 8 février.

Enfin, à l’occasion du projet de loi Blanquer sur l’école qui sera étudié à l’Assemblée nationale à partir du 11 février, j’ai déposé une proposition pour que soit inscrite dans la loi la garantie de maintien des classes dans les territoires ruraux.

Quel sort réservé aux propositions de loi des députés socialistes et apparentés ? De petites avancées, et des occasions ratées

Ce jeudi 31 janvier, nous avons débattu à l’Assemblée nationale des propositions de loi du groupe Socialistes et apparentés. Celles-ci portaient sur des sujets pour lesquels nous pensions qu’un consensus pouvait être obtenu (nous avions par exemple évité les sujets sur lesquels nous savions que la majorité émettrait une fin de non recevoir).

Concernant la proposition de loi visant à expérimenter le revenu de base dans 18 départements, elle n’a pas été votée. Mais elle a ouvert des voies :

  • D’abord, parce que c’est la première fois que l’Assemblée nationale examinait une proposition de loi initiée et travaillée par des départements ;
  • Elle n’a pas été votée mais l’écart des votes sur la motion de rejet portée par la majorité est beaucoup plus resserré que prévu : 49 voix à 64. Hormis la majorité En Marche et son allié du Modem, tous les groupes parlementaires souhaitaient permettre aux collectivités territoriales d’expérimenter le revenu de base. Ce n’était pourtant pas acquis à l’avance. Cette convergence des groupes n’appartenant pas à la majorité suscite une forme d’espoir qui devra être concrétisé et amplifié au Sénat.

Concernant l’école inclusive, la majorité avait la possibilité de permettre de grandes avancées en direction de la scolarisation des enfants en situation de handicap. Elle a préféré faire des petits pas :

  • Nous proposions que l’affectation d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) soit garantie aux parents au moins 45 jours avant la rentrée scolaire. La majorité a supprimé cette mesure, préférant mettre en place un entretien entre les parents de l’élève, l’enseignant et l’accompagnant au moment de sa prise de fonction.
  • Nous proposions que les AESH soient recrutés directement en CDI. La majorité a préféré proposer un CDD de trois ans renouvelable une fois avant de pouvoir obtenir un CDI.

Il y a donc eu quelques avancées. Elles sont petites. Très petites par rapport à ce que nous avions proposé qui n’était pas démesuré et qui aurait permis à la majorité d’en sortir grandie.

Alors que la majorité veut un grand débat avec les Français, elle s’est contentée d’un petit débat. Certes avec des avancées. Mais de petites avancées.

Nous craignons donc que les espoirs et les attentes que le gouvernement a fait naître auprès des Français avec son grand débat ne soient déçus. Et en politique, il n’est rien de pire que des espoirs déçus.

Expérimenter un revenu de base : c’est quoi ?

Chaque groupe parlementaire dispose à l’Assemblée nationale d’une ou 2 journées de séance au cours desquelles il inscrit au débat des propositions de loi qu’il souhaite voir adopter. Hasard du calendrier, la journée Députés Socialistes et apparentés est programmée le jeudi 31 janvier 2019, soit pendant le grand débat. C’est donc à mes yeux un test pour la majorité, pour voir si elle accepte de débattre et aussi d’accepter des propositions qui n’émanent pas de ses rangs. Dans le cas contraire, je serais tentée de conclure que l’ouverture affichée pour le grand débat n’est que de façade.

Pour notre part, nous aurons 5 propositions inscrites à l’ordre du jour jeudi 31. L’une d’elles est l’expérimentation du revenu de base dont le rapporteur est Hervé Saulignac. Il s’agit de 2 nouveautés :
– expérimenter avant de déployer sur tout le territoire
– et faire entrer les prestations sociales dans le XXIième siècle en faisant en sorte qu’elles soient plus claires et plus lisibles pour tout le monde, et donc plus justes. Pour bien clarifier les choses, ce revenu de base n’est PAS un revenu universel versé à tous, il est versé sous conditions de ressources.

Vous trouverez ci-dessous tout ce que vous souhaitez savoir ou presque sur le revenu de base, et aussi via l’émission de LCI Perri Scope (https://www.lci.fr/…/replay-perri-scope-du-lundi-28-janvier…) consacrée ce lundi au revenu de base dont nous défendrons la mise en œuvre de l’expérimentation à l’Assemblée nationale.

Je dis bien « expérimentation ». C’est pour cela que j’ai proposé au Premier Ministre que « notre » revenu de base et le revenu universel d’activité du Président de la République puissent être expérimentés en parallèle, et que dans 3 ans nous tirions les conséquences de ces 2 versions du revenu de base.

Les 18 conseils départementaux qui veulent lancer l’expérimentation, qui l’ont imaginée et qui attendent de l’Assemblée nationale qu’elle leur donne le feu vert pour EXPÉRIMENTER sont les suivants :
Département de la Gironde avec Jean-Luc Gleyze, Président du Département de la Gironde
Conseil Départemental de la Haute-Garonne avec son président Georges Méric et le président de la commission des finances Sébastien Vincini
Département de l’Ardèche avec son président Laurent Ughetto
Ariège, le Département avec son président Henri Nayrou
Département de l’Aude avec son président André Viola
Dordogne-Périgord, le Département avec son président Germinal Peiro
Gers, le Département avec son président Philippe Martin
Ille-et-Vilaine avec son président Jean-Luc Chenut
Département des Landes avec son président Xavier Fortinon
Lot-et-Garonne, le Département avec son président Pierre Camani
Département de Meurthe-et-Moselle avec son président Mathieu Klein
Département de la Nièvre avec son président Alain Lassus
Seine-Saint-Denis, le Département avec son président Stéphane Troussel
Département des Alpes de Haute-Provence avec son président René Massette
Département du Finistère avec sa présidente Nathalie Sarrabezolles
Hérault avec son président Kleber Mesquida
Département de Loire-Atlantique avec son président Philippe Grosvalet
Département du Lot avec son président Serge Rigal

 

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Janine Garrisson, destin protestant

J’ai appris avec tristesse le décès de Madame Jeanine Garrisson, grande figure montalbanaise, dont l’œuvre  a éclairé avec passion l’histoire du protestantisme français.

Cette histoire est intimement liée à celle du Tarn-et-Garonne, et en particulier à celle de Montauban qui fut, avec la Rochelle et Nîmes, l’une des villes piliers de la Réforme protestante dans notre pays. Cette histoire aurait tendance à s’estomper au fil des ans, se transformant parfois même en oubli. Je le regrette et  fais partie de celles et ceux qui aiment se rappeler la force et le rôle politique qu’a joué Montauban, résistant à Louis XIII et allant jusqu’à l’affronter victorieusement lors du fameux épisode des 400 coups. De nombreux lieux et monuments du département portent encore avec eux le souvenir de certains de ces épisodes comme le château de Piquecos qui a hébergé Louis XIII avant son attaque de Montauban ou encore le château de la reine Margot à Saint-Projet.

Si les pierres portent une mémoire, elles ne parlent pas. Ce qu’elles ne disent pas peut heureusement se lire dans les écrits de Janine Garrisson. Au fil de ses ouvrages (plus de 20 livres, de très nombreux écrits),  elle ressuscite cette mémoire : plus exactement elle la rend vivante avec un style d’écriture plein d’énergie et parfois de franc parler qui au fond permet au lecteur de rentrer dans le récit historique comme si ce dernier était dans notre actualité.

Dans le monde académique, elle est devenue au fil des ans la référence sur les guerres de religion,  l’histoire du protestantisme à Montauban et au delà dans tout le grand Sud avec son « les protestants du midi », des biographies d’Henri IV à la reine Margot (Marguerite de Valois).

A lire ou relire sans modération.

Au revoir Madame

 

Réforme des lycées : danger de creusement des inégalités territoriales

Photo prise au lycée Claude Nougaro en septembre 2017

Des lycéens et des personnels des lycées se sont mobilisés ce jeudi pour dénoncer certaines des évolutions annoncées par le Gouvernement.

Parmi ces évolutions, 3 me semblent particulièrement pénalisantes, notamment pour les départements ruraux comme le Tarn-et-Garonne.

 

  1. la suppression de 2 650 postes dans les collèges et les lycées à la rentrée 2019 alors que les effectifs devraient augmenter de 40 000 élèves en France, aura des conséquences pour le Tarn-et-Garonne

Je me suis fermement opposée, lors des débats budgétaires, à ces suppressions. Comme 78% des Français, selon un sondage publié ce jour, j’estime qu’on ne peut pas supprimer de postes dans l’Éducation nationale si l’on veut que l’enseignement reste de qualité.

En Tarn-et-Garonne, cette politique se traduit déjà par un ralentissement du rythme des créations de postes :

  • Pour rappel, entre 2012 et 2017, il y a eu 190 créations de postes dans les collèges et lycées de Tarn-et-Garonne, soit une moyenne de 38 créations par an
  • En 2018, il n’y a eu que 14 créations de postes, soit quasiment 3 fois moins que sous le précédent quinquennat
  • Pour 2019, le nombre de postes supplémentaires n’est pas connu pour notre département. Mais nous savons d’ores et déjà que seulement 37 postes supplémentaires devraient être créés sur l’ensemble des 8 départements de l’académie de Toulouse, alors que 2784 élèves supplémentaires sont attendus.

Ceci laisse donc craindre un nouveau ralentissement des créations de postes pour le 82 lors de la prochaine rentrée scolaire. 

  1. La réforme du bac pro va se traduire en moyenne par 250 heures de cours en moins sur les 3 années par lycéen

En effet, le Gouvernement prévoit une diminution du nombre d’heures d’enseignement (environ 250 heures en moins sur les 3 ans du bac pro) et envisage la possibilité d’augmenter les tailles des classes. Ces mesures vont permettre de faire des économies sans tenir compte des besoins des lycéens professionnels qui sont déjà fragilisés avec le passage du bac pro en 3 ans depuis 2009. Cette réforme est clairement une réforme comptable pour diminuer le coût des lycées pro.

  1. La réforme du BAC général va accentuer les inégalités territoriales

A l’heure où les fractures territoriales sont dénoncées par le mouvement des gilets jaunes, il est incompréhensible et choquant que le Gouvernement accentue ces inégalités territoriales avec la réforme du lycée qu’il compte mettre en œuvre.

Le Gouvernement prétexte la nécessité de proposer aux lycéens une formation plus ouverte et plus diversifiée (en supprimant les filières L, ES et S), pour réduire drastiquement les moyens des lycées, en particulier de ceux qui ne sont pas au cœur des métropoles. Si je partage cet objectif de formation plus ouverte et plus diversifiée, je dénonce vigoureusement l’hypocrisie à l’œuvre qui va considérablement fragiliser de nombreux lycées :

  • Forte baisse des heures d’enseignement ;
  • Inégalités entre les lycées qui pourront proposer par exemple 12 options et les autres qui ne le pourront pas ;
  • Inégalités entre les territoires : parce que les métropoles comptent par définition plusieurs lycées sur leur territoire, un lycéen aura toujours la possibilité de ne pas aller dans son lycée de secteur mais de choisir le lycée qui propose les options souhaitées. Cela sera évidemment impossible pour les lycéens de Tarn-et-Garonne.
  • Absence de coordination avec l’enseignement supérieur pour lequel aucune réforme n’est prévue pour s’adapter à cette nouvelle organisation du lycée. Par conséquent, les anciennes filières ES, L et S vont être recrées artificiellement au travers des options… pour celles et ceux qui disposent des « bons » circuits d’information. En procédant ainsi, le Gouvernement favorise les lycéens dont les familles pourront les aider à construire des parcours rentrant dans les nouveaux critères de ParcourSup. Pour les autres ce sera la loterie.

Enfin, sur ParcourSup, je rejoins les critiques formulées par le défenseur des droits qui a demandé plus de transparence, avec notamment « le contenu exact et la manière précise d’évaluation de leur candidature, […] en amont du processus ».