Rencontre à Berlin avec Andrea Nahles, présidente du SPD et présidente du groupe SPD au Bundestag

Lors de ses derniers vœux aux Français le 31 décembre 1994, François Mitterrand a formulé 2 recommandations :

  • Ne jamais dissocier « liberté » et « égalité » : « ce sont des idéaux difficiles à atteindre, mais qui sont à la base de toute démocratie »
  • Ne jamais séparer la « grandeur de la France de la construction de l’Europe. C’est notre nouvelle dimension et notre ambition pour le siècle prochain »

Ces 2 recommandations constituent à mes yeux l’architecture politique qui structure l’engagement de beaucoup d’entre nous. C’est pour cela que je tente de consacrer un peu de temps de mon mandat de députée aux relations avec les partis socialistes et socio démocrates européens.

Dans cette optique, je me suis rendue vendredi 12 octobre à Berlin pour rencontrer Andrea Nahles, présidente du parti social démocrate allemand (SPD) et présidente du groupe SPD au Bundestag (équivalent de l’Assemblée nationale).

Nous avons abordé :

  • la coopération entre nos 2 groupes parlementaires. Cette coopération a été initiée sous le précédent quinquennat et nous souhaitons l’amplifier (https://valerierabault.com/2016/04/08/2167/)
  • le contexte européen de montée des populismes
  • la redéfinition de la social démocratie pour le XXIème siècle en réponse au capitalisme numérique et aux différents défis qui se posent à l’Europe (crise des réfugiés, …)
  • les élections européennes de mai 2019

Budget 2019 : invitée de France Info, RFI, et fast checking de Libération

Vous trouverez ci-dessous les liens vers les r

 

PLF 2019 : le retour de l’illusion trompeuse d’un budget en faveur du pouvoir d’achat des Français

  1. Le projet de budget 2019 (PLF 2019) contient-il 6 milliards d’€ de nouvelles baisses de fiscalité et de cotisations sociales ? La réponse est partiellement NON.
  • La plupart des baisses (taxe d’habitation et cotisations sociales) ont été votées l’an dernier, à l’occasion du budget 2018. Le Gouvernement recycle les quelques bonnes mesures en faveur du pouvoir d’achat.
  • Sur les 6 milliards d’€ annoncés, seuls 900 millions d’€ correspondent à de nouvelles mesures en faveur du pouvoir d’achat : la suppression des cotisations sociales pour les salariés qui ont des heures supplémentaires (ceux qui n’ont pas d’heures supplémentaires ne bénéficieront de rien du tout) et la non-application de la hausse de la CSG pour de nouveaux retraités qui auraient dû la subir (cette mesure porte sur seulement 4 % des retraités concernés par la hausse de la CSG, ce qui est très faible).
  1. En 2019, le pouvoir d’achat de certains Français va-t-il continuer à être amputé ? La réponse est OUI. Ces baisses de pouvoir d’achat découlent soit de hausses d’impôt déjà été votées dans le budget 2018 et qui s’appliqueront en 2019, soit de non revalorisation de prestations dans un contexte d’inflation élevée. Ainsi :
  • Les taxes sur les carburants vont encore une fois augmenter. Par exemple, pour une famille de 2 enfants et 2 parents qui se chauffe au fioul domestique (cuve de 2200 litres par an) et qui a une voiture diesel (20 pleins de 50 litres par an), la hausse a été de 145€ hors TVA en 2018. Il y aura une nouvelle hausse de 114 € hors TVA. En 2 ans, cette famille aura vu son pouvoir d’achat amputé de 269€. Ceci représente 4,3 milliards d’€ de recettes supplémentaires dans les caisses de l’Etat, payées par les ménages.
  • Les 13 millions de retraités français vont subir la non-revalorisation partielle de leurs pensions. Parmi ces 13 millions, 8 millions ont subi en 2018 la hausse de la CSG. En combinant hausse de CSG et non-revalorisation partielle, ces 8 millions de retraités vont perdre en 2019 quasiment l’équivalent d’un demi mois de retraite.
  • Les allocations familiales ne seront quasiment pas revalorisées alors que l’inflation est annoncée à près de 2%. Les 5 millions de foyers qui les perçoivent vont perdre en moyenne 40€ de pouvoir d’achat.
  • Il en va de même pour les allocations personnalisées au logement (APL). Pour les 6,3 millions de Français qui perçoivent les APL, la sous-revalorisation représente une perte de pouvoir d’achat moyenne de 42€ sur l’année 2019. À cela s’ajoute une réforme de leur mode de calcul pour une économie budgétaire total de 1,3 milliard d’€. Au total depuis 2017, les coupes sur les APL représentent une perte de pouvoir d’achat de 160€ en moyenne pour les allocataires d’APL
  1. Les entreprises vont-elles récupérer 20 milliards d’€ en 2019 comme tend à le faire croire le Gouvernement ? La réponse est NON.
  • Cette annonce n’est en rien une mesure nouvelle, puisque la suppression du CICE et de son remplacement par une baisse de cotisations patronales a déjà été actée en 2018. Concrètement le Gouvernement rend d’une main ce qu’il prend de l’autre.
  • Le seul gain pour les entreprises correspond à une baisse d’impôt sur les sociétés (2,4 milliards d’€), initiée sous le précédent quinquennat et confirmée lors du budget de l’année dernière. À noter qu’en 2018, le Gouvernement a supprimé pour 20 000 PME le bénéfice du taux réduit d’impôt sur les sociétés.
  1. Qui va payer les coupes budgétaires du budget 2019 ?
  • En 2019, il y aura quasiment 3 milliards d’€ d’économies sur les politiques de l’emploi, avec notamment une nouvelle baisse des créations emplois aidés. En 2016, il y eu 465 000 créations d’emplois aidés. En 2019, il n’y en aura plus que 130 000, ce qui pénalisera fortement les petites communes et les associations.
  • En 2019, il y aura 30 millions d’€ d’économies sur le sport, en plus des 120 millions qui correspondent à la suppression annoncée ou à la transformation non précisée de 1600 postes de conseillers techniques sportifs.
  • En 2019, il y aura au sein de l’Education nationale 2600 suppressions nettes de postes dans le secondaire alors que le nombre d’élèves est annoncé en augmentation.
  1. Ce budget contient-il des mesures pour soutenir la croissance ? AUCUNE CONCRETE

Le Président de la République avait théorisé le « ruissellement » comme méthode de pilotage économique, à la fois pour soutenir la croissance et augmenter le pouvoir d’achat des Français. Dans cette optique, il avait prévu une croissance économique de 2 % pour 2018 et de 1,9 % pour 2019 (débat d’orientation budgétaire de juillet dernier).

Quelques mois plus tard, les promesses présidentielles ne se sont pas réalisées et la croissance  économique française sera au mieux de 1,7 % en 2018 et est annoncée à 1,7 % pour 2019 par la plupart des instituts économiques. À l’issue des 6 premiers mois de l’année, la France apparaît comme l’un des plus mauvais élèves de la zone euro.

Cette situation risque de ne pas s’améliorer puisque dans le budget présenté par le Gouvernement pour 2019, il n’y aucune mesure de soutien à l’investissement, seul capable de ré-enclencher la machine économique. Par exemple, le Gouvernement ampute de 800 millions d’€ le crédit d’impôt en faveur de la transition énergétique (CITE) : ainsi, les Français qui souhaitent changer leurs fenêtres pour améliorer l’isolation de leurs maisons ne bénéficieront plus du soutien de l’Etat qu’ils avaient jusqu’alors. Ce rabot fragilisera l’activité économique des artisans ainsi que les avancées qui doivent être réalisées en matière de rénovation énergétique.

Réforme du BAC : le Gouvernement supprime les maths pour tous en 1ère et terminale

Petit clin d’œil à l’association tarn-et-garonnaise Asso Fermat-Science qui œuvre pour faire vivre l’héritage de Fermat et faire découvrir les maths, et les faire aimer au plus grand nombre.
Voici la question que j’ai posée à Cédric Villani, Médaille Fields (équivalent du prix Nobel en maths) et député LREM, qui était l’invité de Dimanche en politique sur France 3.
La question portait sur les maths bien sûr : en voici le lien (crédit France 3)

Interview croisée sur les dépenses publiques

Bien utiliser l’argent public et l’utiliser de manière « efficace », nous sommes tous d’accord, tout simplement parce qu’il s’agit des impôts des Français.

En revanche, utiliser cet argument pour transformer la politique économique de la France en une grande opération de coupes de ce que sont les services publics, ne me paraît pas pertinent ni politiquement ni économiquement. J’ai eu l’occasion de le dire au journal la Croix qui a organisé une interview croisée avec la députée de la majorité, Amélie de Montchalin.

Voici le lien vers l’interview croisée organisée et publiée par le quotidien la Croix

Question au gouvernement : affaire Benalla

Voici la question que j’ai posée au Premier Ministre mardi :

https://www.youtube.com/watch?v=ug0JOblsb3s&feature=youtu.be

Monsieur le Premier Ministre,


En l’espace d’une semaine, les Français et nous-mêmes avons appris l’existence de Monsieur Benalla, conseiller du président de la République, qui s’est fait passer pour un policier pour frapper un homme à terre. Depuis une semaine, quasiment chaque heure a été marquée par de nouvelles révélations, dont certaines laissent entendre que ces faits très graves ont été couverts au plus haut niveau de l’État.

Notre Assemblée n’a pas vocation à se substituer à la justice, mais il est de sa responsabilité absolue d’assurer que nos institutions fonctionnent parfaitement, sans passe-droit et sans traitement de faveur. C’est pourquoi, je remercie le Président de Rugy qui a fini par accepter le levier juridique proposé par les députés socialistes et apparentés, pour que cette commission d’enquête soit créée immédiatement. Sans quoi elle n’aurait pas vu le jour avant le mois d’octobre.


Depuis hier, nous assistons aux auditions : nous découvrons que le Ministre de l’Intérieur dit ne rien savoir, nous sommes rassurés de voir que les préfets et directeurs d’administration centrale ont un souci scrupuleux de mettre en œuvre avec rigueur les lois de la République : nous constatons par ricochet que des passe-droit aux règles de notre République sembleraient avoir été accordés depuis l’Elysée : manquement à l’article 40 du code pénal, dérogation aux règles de déontologie, usurpation d’insignes et de titres, …


Monsieur le Premier Ministre, vous êtes le chef d’une majorité qui veut avoir comme mot d’ordre l’exemplarité. L’exemplarité suppose aussi de gérer les problèmes lorsqu’ils surviennent. Aussi, seriez-vous d’accord pour que tous les membres concernés du cabinet du Président Macron rendent des comptes, ici, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale ? Vous engagez vous à soutenir cette demande ?
Monsieur le 1er Ministre, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir », Montesquieu dans de l’Esprit des lois. Soyez donc ce pouvoir qui arrête l’abus de pouvoir, faute de quoi vous en porterez aussi la responsabilité.

L’image contient peut-être : 3 personnes, dont Valerie Rabault