Congrès du PS : mise au point

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Dans un peu plus de 3 mois se tiendra le congrès du Parti socialiste qui a 2 objectifs : fixer la ligne politique du PS et élire un premier secrétaire ou une première secrétaire ainsi que les responsables départementaux.

Logiquement, les uns et les autres débattent, mettent sur la table des idées et cherchent à rassembler autour des positions qu’ils ou elles souhaitent défendre. Cette période de débat est saine et indispensable dans toute démocratie.

Ce qui n’est pas sain en revanche, c’est de constater que des camarades prennent la liberté de parler au nom et à la place des autres. J’ai eu la désagréable surprise en lisant la presse du jour de voir que certains se sont exprimés à ma place. C’est désagréable parce que les propos imputés ne sont pas exacts. C’est également  désagréable parce que c’est sous-entendre que les femmes – qui plus est élues – ne disposeraient pas de l’autonomie pour s’exprimer par elles-mêmes. C’est désagréable enfin parce que c’est s’asseoir sur ce que j’ai pu dire mardi 9 janvier devant 80 responsables socialistes, sauf à ce que ces derniers aient tous été frappés d’une amnésie collective.

Aussi, je remercie ceux qui ont jugé nécessaire de parler à ma place d’y renoncer à l’avenir : ce sera plus élégant et évitera tout malentendu.

Afin que les choses soient bien claires, voici le positionnement que j’ai adopté pour ce congrès et que j’ai exprimé lors de la réunion  qui s’est tenue au siège du PS à Solférino :

1. Je fais le constat, avec d’autres, que le PS ne compte pas aujourd’hui dans ses rangs une figure de la stature d’un François  Mitterrand dotée d’une aura politique et intellectuelle susceptible d’entraîner une adhésion très large.

Des lors, le ou la camarade qui deviendra premier ou première secrétaire le sera non pas « intuitu personae » mais à l’issue d’une construction de sa candidature.

Cela n’a rien de choquant, et l’histoire du Parti socialiste montre que sa gouvernance s’est souvent appuyée avec succès sur le collectif. L’exemple le plus récent est la « dream team » que constituait le trio Jospin / Aubry et DSK en 1997 :  ce trio s’appuyait sur 3 personnalités fortes, aux orientations politiques pas totalement équivalentes mais sur la base desquelles ils ont bâti des compromis qui ont transformé et relevé la France. Quand ce trio s’est dissous pour différentes raisons, il n’a malheureusement pas été remplacé et l’efficacité et l’attractivité du PS ont été moindres.

2. Le second constat porte sur les militants. Depuis 2012, sans doute plus de la moitié nous a quittés, fatigués des « gueguerres » intestines, des petites phrases assassines des uns sur les autres et de notre incapacité globale à jouer collectif. Le PS s’est mis peu à peu à ressembler à un orchestre fou où chacun voulait jouer sa partition sans se soucier des autres ce qui a abouti à une cacophonie qui a détruit toute partition aussi belle soit elle.

Parallèlement, les militants qui sont les meilleurs capteurs du pouls du pays n’ont pas été écoutés : je pourrai vous citer toutes les motions votées par le conseil fédéral du PS de Tarn-et-Garonne, qui ont été transmises à Paris et qui sont restées lettres mortes sans même faire  l’objet d’un accusé de réception. Pour en avoir discuté avec plusieurs premiers secrétaires fédéraux,  je sais que le 82 ne fut pas une exception.

3. Face à ce double constat, nous avons décidé avec Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral de la Haute-Garonne, Emmanuel Grégoire, premier secrétaire fédéral de Paris, Nicolas Brien, premier secrétaire fédéral de l’Allier, Gabrielle Siry co-initiatrice d’un collectif de jeunes cadres du PS, et de nombreux camarades de proposer une démarche de construction à la fois d’une motion et d’une candidature pour la fonction de premier secrétaire national.

Cette démarche commune vise à redéfinir ce que doit être la gouvernance du PS avec des engagements fermes à l’égard des militants et à cranter de manière concrète et explicite notre vision pour la société française sur l’ensemble des grands enjeux allant de la transformation écologique de notre pays à notre positionnement européen, en incluant bien sûr la construction d’un nouveau progrès économique et social pour le 21eme siècle ainsi que la déclinaison de la République sur tous les territoires de France ou encore la place que nous voulons donner au numérique dans toutes ses composantes. Elle pose enfin l’exigence de renouvellement suite aux défaites que nous avons subies au printemps 2017.

4. Cette démarche ne ferme la porte à personne, et certainement pas aux camarades qui ont fait le choix d’annoncer leur candidature en solo. Mais vu le nombre de signatures qu’elle a engrangées depuis dimanche dernier, elle n’entend pas non plus se contenter d’un rôle de faire valoir ou de figuration dans le congrès.

En sus de ce que j’ai indiqué mardi 9, un dernier commentaire : si le compte n’y est pas, cette démarche est en capacité de disposer du nombre de parrainages requis (16 membres du conseil national) pour déposer une motion, avec bien sûr un premier ou une première signataire.

 

 

Pascale Garrigues

Photo prise en 2007 à Montauban : Ségolène Royal et Pascale Garrigues

Notre camarade et amie nous a quittés ce jour des suites d’une maladie foudroyante qui ne lui a laissé aucune chance. C’est un choc pour nous toutes et tous, et une immense perte pour toutes celles et tous ceux qui l’ont connue et aimée, pour tous ses amis.

Pascale était une femme pétillante, de la trempe de celles qui croient plus que tout en la vie, de ces battantes qui prennent les choses et les difficultés à bras le corps, de celles qui cultivent, sans que cela ne semble leur coûter, un optimisme de combat. Cette force de caractère et cette volonté, Pascale, les avait mises au service de causes qui lui tenaient à cœur : les droits des femmes d’abord. Elle fait ainsi partie de ces figures qui ont compté dans notre département, en portant haut et fort ces droits que ce soit par la voix du planning familial, ou en intervenant auprès des adolescents et adolescentes dans les collèges et les lycées ou encore au gré des discussions quotidiennes. C’est une bataille de conviction qu’elle a menée, sans rien lâcher, et qui a permis de vraies avancées.

Parmi les autres batailles de Pascale, il y a bien sûr les engagements politiques au sein du PS82. En 2007, c’est elle que Ségolène Royal a désignée comme mandataire pour le Tarn-et-Garonne : chacun se souviendra de l’énergie que Pascale a mise dans cette campagne difficile et qui avait pour ligne de mire l’accession d’une femme à la Présidence de la République. Forte de cette expérience, Pascale s’engage cette fois sur son nom, en étant candidate du PS à Montauban pour les élections cantonales de 2008.

Au-delà de ses engagements publics, il y a la femme et l’amie dont l’une des facettes vraiment attachantes était le rire – son rire – un rire marqué du sceau de la gentillesse, et un rire qui régale tellement il était communicatif.

58 ans, ce n’est pas un âge pour mourir. A Patrice, son mari, je souhaite lui dire que nous sommes de tout cœur avec lui. A ses filles, Marie et Pauline, je veux les assurer de toute notre affection. A Nora et Martin, ses deux petits-enfants dont elle était si fière, je formule le vœu qu’ils gardent toujours en mémoire les moments de complicité chaleureuse et espiègle qu’elle aimait à partager avec eux.

Pour le dernier au-revoir, la famille ne souhaite ni fleurs ni couronnes. Mais il y a la possibilité de faire un don à la ligue contre le cancer 82 (https://www.ligue-cancer.net/cd82/journal)

 

 

Tour de France du contre-budget : Lille, lundi 4 décembre 2017

Lundi 4 décembre : étape lilloise au programme.

Ce fut l’occasion d’un débat à la fois sur la démarche de refondation engagée par le PS et sur le contre-budget proposé le 4 octobre dernier par le groupe PS à l’Assemblée nationale.

Merci à Martine Filleul, sénatrice du Nord et 1ère secrétaire fédérale, pour son accueil. Merci également à l’ensemble des participantes et participants, qui témoignent de leur intérêt pour une démarche intellectuelle de fonds pour penser le monde et mettre sur la table de nouvelles idées, et pour notre capacité à traduire ces idées de manière concrète.

 

 

 

Congrès des travaillistes à Brighton

Mardi 26 septembre, j’ai participé à un échange avec des députés progressistes allemands (SPD), italien (Partito democratico), britannique (Labour) et avec des représentants du parti démocrate américain.

Voici (en anglais) les questions sur la base desquelles nous avons débattu (compte-rendu à venir)

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Conseil national du PS

Moins d’une semaine après la débâcle aux législatives, le PS a tenu à Paris son conseil national, c’est à dire qu’il a réuni son parlement. La plupart des orateurs et oratrices qui se sont succédé à la tribune ont évoqué quelques pistes pour envisager la reconstruction du PS. Mais à ce stade, ce ne furent que quelques pistes.

Pour ma part, je ne suis pas allée sur ce terrain, j’ai préféré aborder la question du positionnement à définir vis à vis de la majorité présidentielle, qui dans l’immédiat va se traduire à l’Assemblée nationale par le vote ou non de la confiance au Gouvernement.

Depuis plusieurs mois, de nombreux Français nous disent – à raison –  qu’on ne comprend pas ce que veut le PS. Et pour cause, il y a d’un côté la parole des frondeurs, de l’autre celle des « légitimistes », … et parfois même il n’y a pas de parole du tout, comme cela il n’y a rien à comprendre. Ceci est désastreux. C’est pour mettre un terme à cette situation mortifère qu’avec plusieurs militants nous avions proposé la démarche de la Fabrique qui s’articulait autour de 2 principes : le groupe majoritaire à l’Assemblée a vocation à soutenir le Gouvernement ; le PS doit conserver sa liberté de proposition même si certains des siens sont Ministres, ces propositions devant être actées par un vote. Rien de tout ceci ne s’est pas passé comme cela : des oppositions au gouvernement se sont exprimées dans le groupe majoritaire ; le PS n’a jamais formulé de propositions autonomes qu’il aurait pu discuter et négocier avec le Gouvernement.  Résultat des courses : un beau brouhaha.

Pour éviter que cette situation ne se reproduise à l’occasion du vote de la confiance au Gouvernement, j’ai indiqué hier au Conseil national que je souhaitais que les députés du groupe socialiste puissent avoir le même vote à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui 3 souhaitent voter la confiance, certains souhaitent s’abstenir, d’autres voter contre. Dès lors, afin d’avoir une chance de réconcilier toutes les positions, j’ai proposé l’abstention.

Cette abstention revient à ne pas voter la confiance, tout simplement parce que parmi les propositions du Gouvernement il y a la hausse de la CSG notamment pour les retraités, et qu’on ne peut soutenir une telle hausse telle qu’elle est calibrée aujourd’hui. Ceci revient aussi à dire que nous sommes prêts à mettre des propositions constructives sur la table, qui protègent le pouvoir d’achat.

Le vote sur la confiance doit intervenir le 4 juillet. D’ici là, il y aura à n’en pas douter encore beaucoup de discussions….