Rencontre avec Dilma Rousseff, ancienne présidente de la République fédérative du Brésil

Ce matin, le groupe des députés Socialistes et apparentés a reçu à l’Assemblée nationale Dilma Rousseff qui fut présidente de la République fédérative du Brésil de 2011 à 2016. Ce fut pour moi un immense honneur, tant la force de caractère de Dilma Rousseff est impressionnante. Je garde en mémoire la photo révélée en 2011, sortie des archives de la Police militaire, la montrant à 22 ans avec un regard inflexible, ne baissant pas la tête et fixant les militaires qui eux se cachent et qui l’ont torturée pendant plusieurs mois. L’histoire révèle que sous la torture, elle n’a lâché aucun nom de ses compagnons.

L’impression de cette force intérieure incroyable a transparu ce matin lorsqu’elle nous a livré sa vision sur la situation actuelle du Brésil présidé par Bolsonaro, sur les raisons qui conduisent les peuples à élire des dirigeants extrémistes qui réduisent leurs droits et leur liberté au fil des ans, et sur la protection de l’Amazonie qui avec le nouveau pouvoir redevient la victime des pillages.

Il est rare de rencontrer des personnalités de cette trempe et dont le parcours et les actes parlent plus encore que de grands discours.

Lors de la rencontre, nous avons remis à Dilma Rousseff notre proposition de résolution pour demander que Lula bénéficie d’une justice équitable et, au vu des dernières révélations, puisse être libéré. Nous lui avons également indiqué que le groupe rédige actuellement une proposition de loi relative à l’écocide.

Pour le rétablissement du train primeur Perpignan Rungis

PHOTO-2019-09-11-16-11-43

lettre Perpignan Rungis

Mercredi dernier, mes collègues sénateurs socialistes, communistes et écologistes, le vice Président de la région Occitanie en charge des transports Jean-Luc Gibelin (représentant la présidente Carole Delga) et moi-même nous sommes retrouvés pour une conférence de presse commune pour demander à l’Etat et à la SNCF le rétablissement du train primeur Perpignan Rungis.

Chacun des participants a fait des propositions très concrètes pour que ce train puisse être remis en service. Faute de quoi, il est remplacé par 20 000 camions qui circulent entre Perpignan et Rungis. Pour ma part, j’ai écrit à la Ministre fin juillet pour lui faire une proposition pour trouver les 20 millions d’euros nécessaires au remplacement des wagons frigorifiques, sans augmenter les impôts. Après avoir épluché les comptes de l’Etat, je me suis aperçue que 38,6 millions d’euros « dormaient » depuis plusieurs années sur un compte d’affectation spéciale. Plutôt que laisser cet argent « dormir », j’ai invité la Ministre à prendre 20 millions d’euros dans ce compte d’affectation spéciale (cf. la lettre que je lui ai adressée).

  • Ne pas remettre en ligne le train primeur Perpignan Rungis, serait :
    un non sens écologique puisque le transport de marchandises se ferait par camion et conduirait à avoir 20 000 camions de plus par an sur les routes ;
    un gaspillage d’argent public. En 2010, le conseil général du Val de Marne, Rungis et la SNCF ont dépensé 20 millions d’euros pour avoir des quais dimensionnés au train, afin de pouvoir mieux décharger les marchandises à Rungis. Si le train ne circule plus, les quais ne vont servir à rien. Ceci constituerait un gaspillage d’argent public ;
  • un renoncement à avoir une ambition en matière de fret ferroviaire, et aussi fluvial. Sur ce point, la France a déjà pris du retard ;
  • un risque pour l’emploi. Au marché Saint-Charles de Perpignan travaillent 2500 personnes. Si le train ne circule plus, il est à craindre que ces emplois soient peu à peu délocalisés ailleurs.

J’ai rappelé l’ensemble de ces points jeudi dernier à l’occasion de la discussion du projet de loi mobilités en séance à l’Assemblée nationale. La vidéo est accessible en cliquant ici.

 

 

Crise aux urgences : attention aux annonces en trompe l’oeil

Plus de 200 services d’urgence sont en grève depuis 3 mois. Face à cette situation, le Gouvernement a tardé à réagir et ce n’est que ce lundi 9 septembre 2019 que la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a annoncé un plan de refondation des urgences.

Ce plan comporte des mesures qui vont dans le bon sens, comme par exemple la création d’un service d’accès aux soins 24h/ 24h qui vise  à désengorger les urgences en réorientant les patients.

Mais ce plan comporte aussi d’importantes lacunes :

1. Pas de crédits nouveaux, seulement du recyclage de crédits existants. Les 750 millions d’euros promis par le Gouvernement sur 3 ans ne correspondent pas à de l’argent frais : ils seront financés à partir de crédits existants. Le Gouvernement devra donc renoncer à certaines dépenses de santé pour financer son plan. A ce stade, la Ministre de la Santé est restée floue et n’a pas indiqué les coupes budgétaires dans le budget de la santé qu’elle entend réaliser.

2. Rien pour répondre à la crise actuelle. Aucune ouverture de lits ou de recrutements de personnels ne sont prévus par le Gouvernement, alors que ces mesures sont les mieux à même de répondre à l’urgence de la situation.

Pourtant, depuis plusieurs semaines, avec mes collègues du groupe socialistes et apparentés, j’ai formulé des propositions en ce sens. Dès le 7 juin, nous avons déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution pour demander au Gouvernement de débloquer dans les plus brefs délais entre 500 et 600 millions d’euros de crédits supplémentaires en faveur des urgences, afin de répondre à la recommandation de la Cour des comptes d’augmenter le nombre de médecins urgentistes de 20% en équivalent temps plein. Ce type de préconisation est suffisamment rare : elle aurait donc dû être suivie immédiatement. Le Gouvernement l’a pourtant balayée d’un revers de la main.

Pour plus d’informations :

– Proposition de résolution des députés socialistes et apparentés demandant au Gouvernement de débloquer entre 500 et 600 millions d’euros pour répondre à la crise des urgences : http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2016.asp

Le serment de Maraussan – Bernard Cazeneuve

C’est en présence de 1500 militants venus de toute l’Occitanie, de 9 présidents de conseil départemental, de la présidente de région Carole Delga, de députés et de sénateurs (dont Patrick Kanner président du groupe au Sénat venu de Lille),  que s’est tenue la traditionnelle  fête de la Rose de la fédération de l’Hérault !

Bernard Cazeneuve, ancien Premier Ministre, en était l’invité d’honneur. Il a saisi l’occasion pour présenter ses réflexions, sa vision des enjeux de la France, de l’Europe et du monde et pour esquisser quelques pistes et solutions (vous trouverez ci-dessous l’intégralité de son discours).

      

Quelques mots sur la cave coopérative de Maraussan « les vignerons libres »

  • En 1901, 128 viticulteurs décident de se regrouper pour créer la 1ère coopérative viticole de France
  • En 1905, la cave se construit de nouveaux bâtiments au fronton desquels est inscrite la nouvelle devise « Tous pour chacun, chacun pour tous ». La même année, Jean Jaurès visite la cave dont il achète même une part sociale. Voici le lien vers le discours qu’il a prononcé : Mauraussan discours Jaures
  • Depuis, la cave coopérative a parcouru du chemin : elle est ainsi la seule structure de ce type recensée dans le célèbre guide Parker avec 4 vins cités. Elle s’étend sur un vignoble de 3650 ha sur 11 villages et compte près de 600 adhérents. Elle exporte 80% de sa production notamment vers les Etats-Unis. Elle est très active en matière d’innovation avec un virage Haute Qualité Environnementale (HVE).

Petit clin d’œil de l’historie : en 1979 – soit il y a 40 ans – François Mitterrand a visité la cave coopérative !

 

Lire la suite

Rentrée scolaire 2019 en Tarn-et-Garonne

À l’occasion de cette journée de rentrée scolaire, je me suis rendue dans les écoles de Septfonds et de Puylaroque.

Je remercie les chefs d’établissement, les professeurs, les élèves, les parents, les agents municipaux, départementaux et régionaux pour leur accueil ainsi que l’Inspection académique de Tarn-et-Garonne. Je salue tout particulièrement les élus, enseignants et agents des écoles et collèges de Septfonds et de Caussade qui accueillent cette année une 20e de réfugiés Yézidies.

Plusieurs nouveautés de cette rentrée scolaire interpellent :

  • Le dédoublement des classes de CE1 pour les réseaux prioritaires d’éducation (REP) se traduit en réalité par un « dédoublement redoublé ». Ce dédoublement a été mis en place par le gouvernement pour renforcer l’accompagnement d’élèves vivant dans les quartiers dits prioritaires. Or, faute de créations de postes d’enseignants, certaines classes n’ont pu être dédoublées qu’à condition de compter un double niveau (CP / CE1). Ceci est contraire à ce qui a été annoncé par le Gouvernement. C’est pourquoi j’ai interpellé la semaine passée le Ministre de l’éducation nationale (cette interpellation sera publiée au journal officiel le mardi 3 septembre).

Pour mémoire, en matière de créations de postes, il y a eu :

    • entre 2012 et 2017, 69 créations de postes dans les écoles de Tarn-et-Garonne, soit une moyenne de 14 créations par an.

Pour cette rentrée 2019, seule 1 création est prévue et depuis 2017, seuls 2 postes ont été créés (3 postes créés dans le public et 1 suppression dans le privé).

    • entre 2012 et 2017, 190 créations de postes dans les collèges et lycées de Tarn-et-Garonne, soit une moyenne de 38 créations par an.

Pour cette rentrée 2019, seules 20 créations sont prévues, soit deux fois moins que sous le précédent quinquennat.

  • La réforme du lycée qui entre en vigueur pour cette rentrée 2019 suscite des inquiétudes que les récentes déclarations du Ministre de l’éducation n’ont pas levées.
    • Forte baisse des heures d’enseignement ;
    • Inégalités entre les lycées qui pourront proposer par exemple 12 options et les autres qui ne le pourront pas ;
    • Inégalités entre les territoires : parce que les métropoles comptent par définition plusieurs lycées sur leur territoire, un lycéen aura toujours la possibilité de ne pas aller dans son lycée de secteur mais de choisir le lycée qui propose les options souhaitées. Cela sera évidemment impossible pour les lycéens de Tarn-et-Garonne.
    • Absence de coordination avec l’enseignement supérieur pour lequel aucune réforme n’est prévue pour s’adapter à cette nouvelle organisation du lycée. Par conséquent, les anciennes filières ES, L et S vont être recréees artificiellement au travers des options… pour celles et ceux qui disposent des « bons » circuits d’information. En procédant ainsi, le Gouvernement favorise les lycéens dont les familles pourront les aider à construire des parcours rentrant dans les nouveaux critères de Parcoursup. Pour les autres ce sera la loterie.