ICHN : qu’en est-il ?

Ce jour, près de 900 agriculteurs d’Occitanie se sont retrouvés à Montauban pour manifester leur mécontentement face à la réforme des zones défavorisées.

Un classement en zone défavorisée permet en effet aux agriculteurs et principalement aux éleveurs de pouvoir obtenir l’Indemnité Compensatrice de Handicap Naturel (ICHN), qui constitue un complément financier indispensable pour le maintien de l’élevage sur nos territoires.

Depuis plus d’un an, la refonte de cette carte donne lieu à des discussions – plus ou moins constructives – avec le Ministère de l’agriculture. Jusqu’au 20 décembre 2017, ces discussions ont permis d’intégrer la plupart des critères proposés par les acteurs (agriculteurs, représentants syndicats et élus) de la région Occitanie. Le 20 décembre 2017, le nouveau Gouvernement a diffusé une carte qui constitue une marche arrière considérable pour nos territoires, ce qui est totalement incompréhensible.

En tant que députée de Tarn-et-Garonne, j’ai engagé de nombreuses démarches auprès du Ministère, la dernière en date étant la rencontre avec le Ministre de l’agriculture le mercredi 17 janvier dernier. Ces démarches m’ont également conduit à déposer un recours auprès du Conseil d’État (enregistré avec le numéro 410840) pour la situation spécifique du Tarn-et-Garonne.

Ce jour, le vice-président de la région Occitanie en charge de l’agriculture, Vincent Labarthe, a participé à la rencontre à la préfecture de Tarn-et-Garonne, pour défendre une nouvelle proposition de critères qui permettent à nos territoires de conserver ou d’obtenir leur classement ICHN, indispensable pour la sauvegarde de l’élevage. Je le remercie pour sa présence et son soutien.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernement et de l’administration centrale du Ministère de l’agriculture. Nous restons vigilants.

 

 

ICHN

A la sortie des questions au Gouvernement, j’ai rencontré ce jour le Ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, sur la classification des communes du Tarn-et-Garonne en zones défavorisées.

Les communes classées en zones défavorisées permettent aux agriculteurs qui y ont des terres de percevoir l’ICHN (indemnité compensatrice de handicap naturel).
Depuis septembre 2016, une révision de la classification est menée. La carte que nous avons eue le 20 décembre est désastreuse pour notre département et remet en cause de nombreuses avancées que nous avions obtenues. J’ai clairement dit au Ministre que si cette carte était maintenue, elle signerait l’arrêt de mort de nombreux élevages dans le 82, ce qui n’est pas acceptable.

Il m’a répondu que cette carte n’était pas la définitive et que des discussions se poursuivaient, sans plus de précision. Je l’ai invité à venir se rendre compte par lui même de la géographie de nos coteaux et de nos Causses qui s’inscrivent pleinement dans les critères biophysique de l’union européenne, ce qui rend incompréhensible la nouvelle carte du Ministère.
La bataille politique et juridique continue donc.

École de production de Toulouse !

De gauche à droite : le directeur Gilles Vandecaveye et un jeune à qui je souhaite le même succès que son frère qui a obtenu un CDI dans une grande entreprise toulousaine suite à son passage à l’école de production

A l’heure où le Gouvernement envisage de réformer la formation professionnelle et peut-être aussi l’apprentissage, je me suis rendue lundi 15 janvier à l’école de production de l’ICAM à Toulouse, à l’invitation de son directeur, Gilles Vandecaveye.

Une école de production est un établissement d’enseignement technique qui accueille des jeunes à partir de 15 ans et dont la pédagogie repose à la fois sur des enseignements théoriques (1/3 du temps) et sur une immersion dans un atelier de production dont l’objectif est au final la fabrication de pièces qui sont ensuite vendues aux entreprises. Il y a en France 25 écoles de production.

Seule école de production d’Occitanie, celle de Toulouse compte 45 jeunes de 15 à 18 ans pour les former en 2 ans à des métiers industriels en manque de main d’œuvre, comme la chaudronnerie et l’usinage. Elle a en plus la spécificité de n’accueillir que des jeunes qui ont connu une situation de décrochage scolaire, ou encore des mineurs étrangers.

Voici  le lien vers le témoignage d’élèves et également le lien vers le reportage que France 2 a diffusé le 24 décembre dernier sur l’école de production de Toulouse . Comme le montre ce reportage, tout est mis en œuvre à Toulouse pour que les jeunes qui ont subi une rupture avec notre société puisse retrouver confiance en eux, en acquérant un savoir et une expertise. C’est une démarche de longue haleine qui est portée par des acteurs (dont certains sont tarn-et-garonnais !) passionnés, exigeants et qui défendent l’idée que notre pays, pour assurer sa cohésion, doit se soucier de celles et ceux qui ont eu des accidents de parcours, quelles qu’en soient les raisons. Cet engagement a d’ailleurs été mis à l’honneur par le président de la République François Hollande, qui a remis en août 2016 à la fédération nationale des écoles de production le prix « La France s’engage » qui récompense des projets sociétaux innovants. Cet engagement a également été salué par l’actuel Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son intervention à l’ONU.

Je dois avouer que cette visite m’a beaucoup marquée parce qu’elle inscrit ce qu’est la force de l’enseignement, c’est à dire cette capacité à développer et à mettre en avant les talents de chacun. Beaucoup en France parviennent à capter cette capacité dans le circuit classique de l’éducation nationale, et c’est heureux. Mais la responsabilité de notre pays est bien de faire en sorte que chacune et chacun puisse ressentir cette satisfaction de pouvoir « être capable de » et que ce savoir puisse être reconnu.

Un grand merci au directeur de l’école Gilles Vandecaveye ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe enseignante et bien sûr aux élèves dont l’accueil fut particulièrement chaleureux !