« Encore un paradoxe si français », tribune publiée dans le magazine Challenges du 12 octobre sur la suppression de l’ISF

Voici ma tribune sur la suppression de l’ISF, que le magazine Challenges a publiée dans son édition du 12 octobre.

Voici le lien vers le numéro complet

Encore un paradoxe si français !

Pour chaque gouvernement, le projet de loi de finances sonne comme l’heure de vérité sur ses intentions et objectifs véritables : avec le projet de loi de finances pour 2018, celui d’Edouard Philippe n’échappe pas à la règle. En supprimant dans sa quasi-totalité l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et surtout en créant le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital, le gouvernement s’adresse en priorité aux Français les plus aisés de notre pays, qui pour 350 000 d’entre eux vont récupérer 4,5 milliards d’euros en 2018. Dans le même temps, il fait le choix de concentrer les efforts demandés sur ceux de nos concitoyens qui ont moins de 1500 euros par mois : ainsi, il rabote les aides personnalisées au logement (APL) pour 6,5 millions de Français – dont 60% se situent en-dessous du seuil de pauvreté – , il augmente « pour tous » et de manière uniforme la fiscalité écologique ce qui va conduire un ménage de 2 adultes et 2 enfants se chauffant au fioul et roulant au diesel à payer 1422€ de taxes écologiques en 2022 contre 846 euros en 2017 (soit une augmentation de 576€ qui risque bel et bien d’avaler le bénéfice de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages français !), il supprime sans préavis 225 000 créations d’emplois aidés ne laissant à leurs bénéficiaires d’autre choix que celui de pointer à Pôle Emploi, il baisse l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), … Enfin, il augmente sans compensation la contribution sociale généralisée (CSG) des retraités français qui perçoivent plus de 1289 € par mois : 8 millions d’entre eux vont ainsi se voir ponctionner !

Parce qu’il dispose d’une majorité conséquente à l’Assemblée nationale, le gouvernement devrait avoir la liberté d’assumer ses choix. Or, ce n’est pas le cas, et depuis quelques jours il multiplie les théories pour justifier ses arbitrages. La principale d’entre elles tient à l’idée que la suppression de l’ISF doit « favoriser l’investissement productif ». Si cette théorie est vraie, on devrait l’an prochain retrouver 3,2 milliards d’€ de plus (le montant de l’ISF qui ne sera plus payé) investis pour le financement des entreprises de notre pays. L’avenir nous dira ce qu’il en est. Mais le présent peut déjà nous éclairer quelque peu.

En matière d’épargne, nous, Français, figurons sur le podium des champions en Europe : nous épargnons en moyenne par an 15% de notre revenu brut disponible quand nos homologues européens se contentent d’un petit 10%, et même 5% pour les Britanniques ces dernières années selon l’institut européen Eurostat. En théorie, nous mettons ainsi à disposition de l’économie plus d’argent que beaucoup de nos confrères européens. Mais ce n’est malheureusement que la théorie, car ces ressources financières importantes vont en réalité peu vers le financement des PME, qui peinent en France à trouver des investisseurs prêts à prendre des risques. Ces ressources sont pour beaucoup investies dans l’épargne réglementée, et surtout dans l’assurance vie et principalement dans les fonds euros qui offrent une garantie sur le capital investi. Cette situation ne doit rien au hasard : les fonds euros permettent à leur détenteur de combiner sécurité et avantage fiscal conséquent sur les plus-values réalisées en cas de détention supérieure à 8 ans. Contrairement à ce que voudrait nous faire croire le gouvernement, il n’y a aucune raison que les choses changent, et on peut s’attendre à ce que les 3,2 milliards d’€ « libérés » du fait de la quasi suppression de l’ISF se retrouvent investis majoritairement dans des placements peu risqués, et avantageux fiscalement.

Cette situation illustre la faille qui existe dans notre pays plus qu’ailleurs : dans de très nombreux cas, la logique fiscale prend le pas sur celle du choix de la prise de risque. Qui en porte la responsabilité : les gouvernements qui ont la volonté d’infléchir les comportements à coups d’avantages fiscaux ? Les épargnants qui optimisent le ratio sécurité / rendement fiscal ? Quoiqu’il en soit, en supprimant l’ISF sans condition, l’actuel gouvernement prend le risque du chèque en blanc, c’est-à-dire d’une perte de recette de 3,2 milliards d’€ sans aucun bénéfice pour l’économie française. Pour favoriser l’investissement productif, une autre façon de faire eût été de réserver, au-delà d’un certain niveau d’encours par ménage (par exemple 500 000€), l’avantage fiscal de l’assurance vie à de la vraie prise de risque, comme l’avaient proposé mes collègues Berger et Lefebvre dans leur rapport sur la dynamisation de l’épargne financière des Français. Mais ce n’est pas le choix qui a été fait. Et je le regrette.

Fête de la pomme à Septfonds

Avec Gérard Crais à la fête de la pomme

Samedi 7 octobre, Septfonds a organisé la fête de la pomme… dont le Tarn-et-Garonne est le 1er département en termes de production (voici le lien vers le site de la Fédération Nationale des Producteurs de Fruits)… et voici une carte trouvée sur ce site

Carte trouvée sur le site de la FNPF dont le lien est indiqué ci-dessus

Comme son nom l’indique, cette fête met à l’honneur les pommes que ce soit avec la découverte de variétés anciennes, de dégustation de productions actuelles et de jus de pomme juste sorti d’un pressoir à l’ancienne, ou encore de spécialités aux pommes.
Merci à la municipalité de Septfonds, à Monsieur le Maire Jacques Tabarly et à tous les bénévoles d’avoir eu cette idée de « fête de la pomme » et de la faire vivre depuis plusieurs années maintenant.

Notre territoire à la « cuisine » de Nègrepelisse

Samedi 7 octobre s’est tenu à la Cuisine de Negrepelisse  le vernissage de l’exposition « Contrairement au gibier », qui résulte de la résidence de 2 artistes, le couple Rovo . Ces derniers ont arpenté de février à juin 2017 le territoire de la communauté de communes Quercy Vert Aveyron, offrant un regard nouveau sur le quotidien qui nous entoure : les affiches, les panneaux routiers, les marquages au sol…. De ce regard sont nées des créations de design, et de ces créations de design naissent des appels à notre mémoire et notre imagination. C’est un vraiment un gros coup de cœur que je souhaite exprimer pour cette exposition.

Plus généralement, la Cuisine est un grand atout pour le Tarn-et-Garonne : elle constitue le  seul centre d’art dédié à la cuisine en France, hébergé dans le château XIIIe siècle de Negrepelisse qui a retrouvé une nouvelle vie grâce à l’imagination du cabinet catalan RCR (également architecte pour le musée Soulages, qui en 2017 a obtenu le prix Pritzker, l’équivalent pour l’architecture du prix Nobel) et grâce au maire conseiller général Jean Cambon.

Voici le lien vers le site de la Cuisine

 

Contre-budget 2018

Ce jour, avec mes collègues du groupe Nouvelle gauche, nous avons présenté un « contre-budget », c’est à dire que nous avons fait une proposition alternative au budget présenté par le Gouvernement pour 2018 : nous avons conservé toutes ses hypothèses, l’objectif de réduction du déficit. En revanche, nous avons fait des allocations différentes de recettes et de dépenses.

Nous l’avons appelé « contre-budget » car il ne s’agit pas du budget que nous aurions bâti de manière autonome, il s’agit d’un budget en réponse à celui qui  été présenté. Dans ce contre-budget, nous avons modifié les propositions suivantes du Gouvernement :

  • le quasi abandon de l’ISF ;
  • la création du taux forfaitaire unique sur le capital ;
  • la CSG pour les retraités ;
  • la fiscalité écologique dont nous proposons d’amoindrir l’impact pour les ménages aux revenus les plus modestes ;
  • …..

Nous sommes à ce jour le seul groupe parlementaire à avoir entrepris cette démarche. Le document est disponible en cliquant sur ce lien : AN groupe nouvelle gauche contre budget 04102017 Version finale