Congrès du PS

05062015 congres Poitiers

Ce week end, les Socialistes se sont retrouvés pour leur congrès.

07062015 Poitiers

La Fabrique aussi !

groupe-la-fabrique

Je suis intervenue sur l’Europe. Voici le lien vers la vidéo

… et ci-dessous mon intervention

Mes chers camarades,

Nous, voici à Poitiers 10 ans après le référendum sur le traité constitutionnel européen. Ce référendum nous a déchirés : il y a dans cette salle des camarades qui ont voté « oui » comme le voulait le parti, et des camarades qui ont voté « non » comme une majorité de Français.

Ce référendum nous a traumatisés si bien que depuis 10 ans nous sommes devenus inaudibles sur la scène européenne. Parce que nous sommes devenus inaudibles, nous avons perdu les élections de 2009 et 2014. Parce que nous sommes devenus inaudibles, d’autres ont insidieusement grignoté l’espace politique. Ces autres, ce sont les forces extrémistes qui ne veulent plus poursuivre l’aventure européenne. Ces autres, ce sont les forces conservatrices qui ont perdu de vue l’unité de l’Europe et qui cherchent des coupables à tout va : les profiteurs grecs, les migrants, les Français soupçonnés de ne pas tenir leurs engagements budgétaires…. Ces autres, ce sont ceux qui voudraient enclencher la marche arrière avec ce que l’on appelle désormais les Brexit et le Grexit, c’est-à-dire la possible sortie du Royaume Uni et de la Grèce. Ces autres, c’est aussi la technocratie qui a pris le pas pour nous expliquer comment ramasser les cerises des coteaux du Tarn-et-Garonne, et surtout les ramasser sans échelle….Franchement, cela ne tourne pas rond.

Les dangers, il y en a toujours eu en Europe. Mais cette fois le risque de sortie de pays de l’Union fait qu’ils ne sont plus théoriques. IL y a quelques jours, Martin Schulz, le président social démocrate du Parlement européen, nous disait : « nous sommes dans un jeu dangereux ».

Sortir de ce jeu dangereux, c’est l’objectif que nous devons collectivement nous fixer et réussir. C’est l’objectif de toutes les générations, et en particulier de celles qui ont 20, 30 et 40 ans aujourd’hui et qui ne peuvent accepter un horizon européen rabougri, tout simplement parce que cela revient à condamner définitivement toute perspective de retour au progrès et à la prospérité. Sortir de ce jeu dangereux, c’est assumer pleinement que nous aimons l’Europe, que nous l’aimons pour ce qu’elle est : un espace de paix qui nous ouvre chaque jour les portes de l’avenir. Sortir de ce jeu dangereux, c’est dire une bonne fois pour toutes ce que nous voulons pour l’Europe, et l’assumer dans toutes les assemblée européennes. J’en ai assez d’entendre dire que les Français seraient trop timides lors des réunions de préparation des grands sommets européens. Faut-il que ce soit le Roi d’Espagne en visite d’Etat il y a 3 jours, qui nous exhorte à plus de France en Europe ?

Oui, il faut plus de France en Europe et il faut aussi plus d’Europe en France. Mais pas n’importe quelle Europe.

La motion D, la Fabrique, au nom de laquelle j’ai l’honneur de m’exprimer devant vous aujourd’hui, voudrait redire ici trois propositions.

  1. La première, c’est le combat contre les forces de l’argent. Ce combat peut réconcilier les gauches européennes dans une bataille pour la souveraineté et pour l’égalité. Concrètement cela signifie la lutte contre les paradis fiscaux. Mes camarades, on ne peut rester impassibles face à ces multinationales qui ont choisi de défier les états pour ne payer aucun impôt nulle part. Et là il ne s’agit pas de savoir quel état récupèrera la mise car aujourd’hui ils sont tous perdants. On ne peut accepter que de la richesse soit créée sur nos territoires, avec nos infrastructures payées avec l’impôt des Français, grâce à nos savoir faire développés par l’école de la République financée avec l’impôt des Français, et qu’elle échappe à toute fiscalité. C’est tout simplement du vol. C’est en fait un double vol… parce que pour compenser le manque à gagner qui en résulte, on est contrait d’augmenter l’impôt des Français.

Mener ce combat, c’est redonner de la souveraineté budgétaire à tout un continent.

La semaine prochaine se tient à Bruxelles le congrès du Parti Socialiste européen. Nous demanderons que l’Allemagne, l’Italie et la France, qui sont les trois plus grandes économies de la zone euro, qui sont trois démocraties dirigées par des gouvernements de gauche ou des coalitions où siègent des socio démocrates , se mettent d’accord et appliquent sans déliai aux paradis fiscaux des sanctions financières proportionnelles aux pertes infligées.

  1. Rétablir la souveraineté européenne, permettra à l’Europe de se faire respecter. Il faudra en parallèle œuvrer à un sentiment de citoyenneté européenne. Et là desssus, mes camarades, nous n’avons pas été assez ambitieux. Avoir ce sentiment d’être européen, cela ne se décrète pas, cela se construit pas à pas. Il y a 9 ans, un certain nombre parmi nous avons participé à Bruxelles au lancement des militants du PSE. L’objectif était simple : être membre d’un parti socialiste ou socio démocrate dans son pays, et militer en Européen au sein du PSE. Pour la 1ère fois, nous militants, étions invités au congrès du PSE, auparavant réservé aux instances dirigeantes de nos partis. C’était en décembre 2006 à Porto. C’était motivant. Nous avions alors l’idée que chaque militant du PS, chaque militant du PSOE, chaque militant du SPD, chaque militant du Partito Democratico italiano, puisse devenir un militant du PSE. L’adhésion étant gratuite, cela nous semblait facile.

Et pour autant, le compte n’y est pas. Le compte n’y est pas alors que depuis près de 10 ans, des camarades ont déployé une énergie incroyable pour faire vivre dans notre parti la grande aventure du PSE, je pense notamment à Philipp ou à Alexander. Le compte n’y est pas et on ne peut se satisfaire de se souvenir du PSE, une fois tous les 5 ans à l’occasion des élections européennes. Le PSE, c’est notre force de militants. Et nous savons toutes et tous ici dans cette salle que chaque fois que nous gagnons face à la droite, c’est par notre force de militants. Alors si on veut gagner en Europe face à la droite, il faut se mettre à « euro-militer », c’est-à-dire à militer en européen, pour l’Europe. Et tout de suite, mes camarades. Sans attendre les prochaines élections européennes. Aussi, je formule le souhait que Poitiers marque ce nouveau départ du militantisme européen.

La Fabrique, la motion D, y mettra toute son énergie. Nous demandons que l’adhésion au PSE, qui est gratuite, puisse faire l’objet d’une mobilisation dans notre parti. Nous demandons que des jumelages de nos sections, de nos fédérations avec des fédérations ou des sections du PSE ou des partis membres du PSE puissent être lancés, dans un grand élan initié par la Direction nationale et déclinée sur tous nos territoires. A la Fabrique, nous sommes prêts pour cette grande aventure. Dans chaque fédération, les militants qui ont soutenu la Fabrique se mettront à la disposition des équipes fédérales pour créer les jumelages de leur section, de leur fédération avec une section d’un parti membre du PSE ou une section du PSE ou une section européenne de notre Fédération des Français de l’Etranger.

Notre souhait est que dans un an, chacune et chacun parmi nous puisse avoir échangé, débattu avec des socialistes et des socio démocrates italiens, danois, allemands, espagnols…. afin que cette Europe que nous aimons ne soit pas qu’une image, afin qu’elle soit une voix qui marque nos esprits.

  1. Enfin mes camarades, les Socialistes que nous sommes ne peuvent se contenter de regarder atterrés les images des migrants qui échouent sur les cotes de Lampedousa ou de Calais. Ca, ce n’est pas l’Europe. Ce n’est pas à la France ou à l’Italie de porter seules sur leurs épaules toute la régulation de l’immigratyion européenne. Les accords de Shengen étaient un pis aller qui ne correspond plus aujourd’hui à la réalité que nous vivons aujourd’hui. Et pire qui conduisent à des propositions techniques vides de sens politique, comme par exemple les quotas. C’est à l’ensemble des pays de l’Union européenne de prendre cette question à bras le corps.

 

Mes camarades, l’Europe doit devenir ce continent où presque tout est possible

Vive le Parti Socialiste Européen ! Et vive le Parti Socialiste ! Vive la Fabrique de l’Europe ! Vive « l’euro-militantisme ». Et surtout vivent les militants socialistes qui font vivre contre vents et marées notre belle flamme européenne.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s