Jean-Pierre Fauché : homme de progrès

 

C’est avec une très grande tristesse que j’ai appris la mort de Jean-Pierre Fauché.

C’est un homme d’une grande générosité qui vient de partir : élégant dans ses relations aux autres, exigeant avec lui-même, soucieux d’avancer et fidèle à son territoire comme en témoigne son attachement à Lafrançaise.

En 1963, Jean-Pierre Fauché s’installait à Lafrançaise, et y lançait une société d’installations électriques au service des particuliers. 50 ans plus tard, le siège de l’entreprise, devenue groupe Fauché, s’y trouve toujours ; le chiffre d’affaires a lui grimpé à plus de 170 millions d’euros ; les clients sont désormais Airbus, Leclerc, l’armée française, de grands centres hospitaliers, le CEA, le cancéropôle de Toulouse…. Quant aux salariés, ils sont près de 1100 répartis sur une trentaine de sites en France. En l’espace de quelques années, l’entreprise artisanale s’est transformée en l’une des quelques références françaises de l’électricité industrielle et est devenue un fleuron qui a choisi de rester en France.

Ce succès ne doit rien au hasard ; il doit tout à l’impulsion que Jean-Pierre Fauché a distillée toute sa vie dans l’entreprise : l’exigence d’une innovation technique permanente et l’exigence de fournir au client un service « clef en main ». C’est ainsi que Jean-Pierre Fauché conçoit les premières armoires électriques qui permettent de voir rassemblées en un seul endroit toutes les commandes électriques d’un bâtiment, en les organisant de manière ordonnée et appréhendable par un utilisateur non spécialiste. Jean-Pierre Fauché se lance ensuite sur de nouveaux marchés : il est quasiment le seul fournisseur de câbles 400 Hz (fréquence non standard) pour l’alimentation des Airbus A320, il fournit des groupes électrogènes à de nombreux hôpitaux, il propose un service de courants faibles (détection incendie, alarme…), avec comme leitmotiv : « concevoir son produit à la demande du client », en somme, se servir de la technologie de manière ingénieuse.

Jean-Pierre Fauché s’en est allé. Il nous reste le souvenir de son sourire malicieux, la flamme de son regard lorsqu’on évoquait avec lui ce qu’il faudrait faire pour faire avancer l’industrie française et lui éviter de se faire happer par les fonds financiers. Il nous reste son petit musée qu’il aimait nous montrer pour expliquer le chemin parcouru, pour parler de l’inventivité humaine, du progrès, du champ des possibles permis par la technologie.

Jean-Pierre Fauché s’en est allé, mais sa soif de progrès continuera avec tous les salariés du groupe Fauché, ceux de Jarlan Services.

A sa famille, à ses amis, aux salariés des entreprises Fauché et Jarlan services, j’adresse mes plus sincères condoléances.