23 mai : « liberté, égalité et fraternité » à la célébration des 150 ans du SPD à Leipzig

150 ans SPDSPD 150 jahre 1

(en haut avec Sigmar Gabriel, président du SPD / en bas : la citation d’Otto Wels « ils peuvent nous prendre la liberté et la vie. Pas l’honneur », dédicacée par Sigmar Gabriel)

L’amitié franco-allemande est au cœur de la construction politique de l’Europe. Parce que nous sommes nombreux à partager cette conviction, le SPD allemand a souhaité l’affirmer haut et fort au cours de la cérémonie qu’il a organisée le 23 mai à Leipzig pour son 150ème anniversaire, en donnant la parole à un seul chef d’Etat étranger : le Président de la République, François Hollande. Ce fut un symbole très fort, ressenti comme tel par l’ensemble des participants.

A de très nombreux moments au cours de la cérémonie, les liens entre la France et l’Allemagne ont été rappelés, un peu comme une cordée qui permet à l’un de s’appuyer sur l’autre pour avancer et réciproquement. Et c’est bien l’esprit de cette cordée qui est traduite sur le drapeau du SPD du 23 mai 1863. En reprenant le «  Freiheit, Gleichheit und Brüderlichkeit » comme devise, c’est-à-dire « Liberté, égalité et fraternité », le SPD voulait d’emblée s’inspirer de l’esprit de notre devise républicaine. La cordée fonctionne évidemment dans l’autre sens : c’est ce que le Président de la République a rappelé en indiquant comment la démocratie sociale allemande avait inspiré Jean Jaurès.

150 ans d’histoire regorgent de nombreux événements, d’aléas, de réussites. Le plus marquant d’entre eux est celui du 23 mars 1933, lorsque les députés du SPD refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Hitler. En l’évoquant, le Président allemand a dit « que les députés du SPD avaient sauvé l’honneur de la démocratie allemande ». Otto Wels, président du SPD de l’époque, fut le seul orateur au Reichstag à s’opposer publiquement à la loi des pleins pouvoirs, 94 députés SPD votèrent contre cette loi. Otto Wels dut ensuite s’exiler, et c’est à Paris qu’il mourut en 1939, il est enterré à Chatenay-Malabry. L’évocation de cet épisode, par tous les intervenants – et bien sûr François Hollande – fut incroyable.

Sur cette photo, vous trouverez la dédicace de Sigmar Gabriel, sur une citation de Otto Wels « Ils peuvent nous prendre la liberté et la vie. Pas l’honneur ».

***

En marge de la cérémonie, j’ai participé à une table ronde organisée par la FEPS (fondation européenne d’études progressistes), présidée par l’ancien président du Conseil italien Massimo d’Alema.

Restaurer la prospérité économique : telle est la question que nous a posée la FEPS. Ci-dessous, vous trouverez quelques-uns des éléments que j’ai développés, à Leipzig

2000-2010 : une décennie perdue, à rattraper

En allant sur le site de la commission européenne, on découvre que depuis les années 1950, chaque décennie a vu l’émergence d’une avancée importante pour l’intégration économique européenne… exception faite de 2000-2010 (années 60 : création de la PAC et abolition des droits de douane entre pays européens, années 70 : décision de créer une monnaie unique, années 80 : acte unique européen, années 90 : traité de Maastricht avec la création de l’euro). C’est au moment où l’Europe s’est arrêtée d’avancer qu’elle a eu à subir la plus grave crise financière et économique depuis 1929, crise qui s’est traduite par l’émergence de 13 millions de nouveaux chômeurs. Et depuis, c’est comme si l’Europe était « lost in the crisis ».

Parce qu’elle n’avance plus, l’Europe finit par faire douter certains de son utilité ; elle parle de moins en citoyens, certains même considèrent qu’elle ne leur parle plus du tout.

5 piliers à achever : 5 propositions

  1. Des références économiques communes : il faut que l’Europe puisse être identifiée sur des bases communes. Aujourd’hui, elle est par exemple connue comme le seul continent sur lequel la peine de mort a été abolie ; il n’y en a aucun autre dans le monde. Dans le champ économique, il faut poursuivre la mise en œuvre de valeurs communes, comme par exemple l’instauration d’un salaire minimum, dans tous les pays, défini en fonction du niveau de richesse national.
  2. Un projet industriel commun, investir en commun. Aujourd’hui, quand on voit un Airbus, personne ne dit : il est allemand, français, espagnol, néerlandais, ou britannique. Tout le monde dit : il est européen, il est clairement identifié comme tel. Quel sera « l’Airbus » que nous serons capables d’inventer pour 2020 ? Le champ de l’énergie est celui qui semble le plus approprié, sur lequel les différents pays européens ont des intérêts communs, et peuvent prendre un leadership mondial. Lors de sa conférence de presse du 16 mai, le Président de la République, François Hollande, a d’ailleurs parlé d’une communauté européenne de l’énergie.
  3. Une Europe motrice sur la régulation financière : régulation des banques, lutte contre les paradis fiscaux, pas vers une harmonisation de l’impôt sur les sociétés, …
  4. Cap sur la jeunesse européenne : la crise économique actuelle ne doit pas sacrifier la jeunesse de l’Europe. Or aujourd’hui, c’est elle qui en paie le prix fort. Le Parlement européen vient de voter un fonds doté de 6 milliards d’euros, à destination des jeunes de moins de 30 ans vivant dans des régions où le taux de chômage des jeunes dépasse les 20%. Il faudra aller plus loin et porter ce fonds à 10 milliards d’euros. Il faudra aussi généraliser la garantie jeunes qui vise à permettre dans les quatre mois à un jeune sans emploi ou sortant du système éducatif de se voir proposer une nouvelle formation, un enseignement, un apprentissage ou un emploi.
  5. Une Europe avec des Européens. On parle toujours d’Europe, mais l’Europe n’est pas une personne. Il faut maintenant parler d’une Europe avec des Européens, ou tout simplement d’Européens.

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