Quelques mots du déplacement que j’ai effectué à Berlin du dimanche 20 au mardi 22 janvier

Berlin

Je ne fais pas partie de ceux qui ne jurent que par le modèle allemand. Loin de là. Tout simplement, parce qu’il me semble que la France doit compter avant tout sur son propre modèle puisqu’il a fait ses preuves (c’est d’ailleurs la thèse de « les trente glorieuses sont devant nous » !).

En revanche, je suis absolument convaincue que les prochains pas significatifs pour l’Union européenne ne pourront se faire que si l’Allemagne et la France veulent avancer ensemble. C’est cette conviction qui m’a poussée à apprendre l’allemand, à étudier et travailler quelques mois en Allemagne, et à nouer au fil des ans des contacts avec des Allemands du monde tant politique qu’économique.

C’est pour toutes ces raisons que le déplacement à Berlin, pour les 50 ans du traité de l’Elysée, revêtait pour moi une saveur particulière. J’ai connu Berlin avant la chute du mur, j’avais 15 ans ou 16 ans, et le souvenir de cette ville coupée en deux avec ce mur ne m’a jamais quittée. Nous, Occidentaux, étions autorisés à passer le Check Point Charlie pour « passer à l’Est », moyennant la conversion de 25 Deutsche Mark. De l’autre côté, il y avait le Pergame Museum et ses merveilles perses, babyloniennes et assyriennes ; il y avait aussi des Allemands auxquels nous n’avions pas le droit de parler, de peur de leur compliquer la situation avec la Stasi.

Berlin, c’est évidemment 1989, c’est le souvenir de tous les espoirs soulevés par la chute du mur, c’était l’idée qu’une nouvelle page politique se tournait et que tout allait devenir possible. On sait que tout ne fut pas si simple, politiquement et économiquement ; on sait aussi que la détermination d’Helmut Kohl et François Mitterrand pour porter l’Europe face à un tel bouleversement fut décisive.

Berlin, c’est toujours une corde de rappel à l’histoire allemande bien sûr, mais au-delà à notre histoire européenne et aux leçons qu’elle doit nous inspirer. Je crois que le Bundestag, que je découvrais de l’intérieur pour la première fois – je l’avais seulement vu en construction au milieu des années 1990 – le rappelle assez bien. Il y a d’abord un mur, gardé intact, qui porte les traces de balle et les graffitis des Soviétiques lorsqu’ils sont rentrés dans le Reichstag en 1945 ; il y a une œuvre de l’artiste français Boltanski qui a inscrit les noms de tous les députés allemands de 1919 à 1999 en laissant une case noire pour Hitler ; dans les salles du SPD, un pan de mur est recouvert des noms des députés allemands, des socio démocrates, qui en 1933 avaient voté contre la loi donnant les pleins pouvoir à Hitler.

J’ai saisi l’occasion du déplacement à Berlin pour la célébration du 50ème anniversaire du traité de l’Elysée, pour rencontrer en bilatéral un certain nombre de députés du SPD sur les questions de fiscalité, de développement des PMEs, de financement en Europe, de semestre européen. Nous avons convenu de les poursuivre à intervalles réguliers pour faire aboutir des propositions concrètes.

Quelques photos :

1er rang de gauche à droite : la chancelière Angela Merkel s’exprimant devant les députés français et allemands, le mur Boltanski, les noms des députés socio démocrates ayant voté contre la loi donnant les pleins pouvoirs à Hitler

2ème rang de gauche à droite : avec Sigmar Gabriel, Vorsitzender du SPD (équivalent du 1er secrétaire), le Président de la République François Hollande s’exprimant devant les députés allemands et français, dans le bureau d’Axel Schäfer, 1er vice-président du groupe SPD au Bundestag

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s