ICHN

A la sortie des questions au Gouvernement, j’ai rencontré ce jour le Ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, sur la classification des communes du Tarn-et-Garonne en zones défavorisées.

Les communes classées en zones défavorisées permettent aux agriculteurs qui y ont des terres de percevoir l’ICHN (indemnité compensatrice de handicap naturel).
Depuis septembre 2016, une révision de la classification est menée. La carte que nous avons eue le 20 décembre est désastreuse pour notre département et remet en cause de nombreuses avancées que nous avions obtenues. J’ai clairement dit au Ministre que si cette carte était maintenue, elle signerait l’arrêt de mort de nombreux élevages dans le 82, ce qui n’est pas acceptable.

Il m’a répondu que cette carte n’était pas la définitive et que des discussions se poursuivaient, sans plus de précision. Je l’ai invité à venir se rendre compte par lui même de la géographie de nos coteaux et de nos Causses qui s’inscrivent pleinement dans les critères biophysique de l’union européenne, ce qui rend incompréhensible la nouvelle carte du Ministère.
La bataille politique et juridique continue donc.

École de production de Toulouse !

De gauche à droite : le directeur Gilles Vandecaveye et un jeune à qui je souhaite le même succès que son frère qui a obtenu un CDI dans une grande entreprise toulousaine suite à son passage à l’école de production

A l’heure où le Gouvernement envisage de réformer la formation professionnelle et peut-être aussi l’apprentissage, je me suis rendue lundi 15 janvier à l’école de production de l’ICAM à Toulouse, à l’invitation de son directeur, Gilles Vandecaveye.

Une école de production est un établissement d’enseignement technique qui accueille des jeunes à partir de 15 ans et dont la pédagogie repose à la fois sur des enseignements théoriques (1/3 du temps) et sur une immersion dans un atelier de production dont l’objectif est au final la fabrication de pièces qui sont ensuite vendues aux entreprises. Il y a en France 25 écoles de production.

Seule école de production d’Occitanie, celle de Toulouse compte 45 jeunes de 15 à 18 ans pour les former en 2 ans à des métiers industriels en manque de main d’œuvre, comme la chaudronnerie et l’usinage. Elle a en plus la spécificité de n’accueillir que des jeunes qui ont connu une situation de décrochage scolaire, ou encore des mineurs étrangers.

Voici  le lien vers le témoignage d’élèves et également le lien vers le reportage que France 2 a diffusé le 24 décembre dernier sur l’école de production de Toulouse . Comme le montre ce reportage, tout est mis en œuvre à Toulouse pour que les jeunes qui ont subi une rupture avec notre société puisse retrouver confiance en eux, en acquérant un savoir et une expertise. C’est une démarche de longue haleine qui est portée par des acteurs (dont certains sont tarn-et-garonnais !) passionnés, exigeants et qui défendent l’idée que notre pays, pour assurer sa cohésion, doit se soucier de celles et ceux qui ont eu des accidents de parcours, quelles qu’en soient les raisons. Cet engagement a d’ailleurs été mis à l’honneur par le président de la République François Hollande, qui a remis en août 2016 à la fédération nationale des écoles de production le prix « La France s’engage » qui récompense des projets sociétaux innovants. Cet engagement a également été salué par l’actuel Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son intervention à l’ONU.

Je dois avouer que cette visite m’a beaucoup marquée parce qu’elle inscrit ce qu’est la force de l’enseignement, c’est à dire cette capacité à développer et à mettre en avant les talents de chacun. Beaucoup en France parviennent à capter cette capacité dans le circuit classique de l’éducation nationale, et c’est heureux. Mais la responsabilité de notre pays est bien de faire en sorte que chacune et chacun puisse ressentir cette satisfaction de pouvoir « être capable de » et que ce savoir puisse être reconnu.

Un grand merci au directeur de l’école Gilles Vandecaveye ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe enseignante et bien sûr aux élèves dont l’accueil fut particulièrement chaleureux !

Congrès du PS : mise au point

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Dans un peu plus de 3 mois se tiendra le congrès du Parti socialiste qui a 2 objectifs : fixer la ligne politique du PS et élire un premier secrétaire ou une première secrétaire ainsi que les responsables départementaux.

Logiquement, les uns et les autres débattent, mettent sur la table des idées et cherchent à rassembler autour des positions qu’ils ou elles souhaitent défendre. Cette période de débat est saine et indispensable dans toute démocratie.

Ce qui n’est pas sain en revanche, c’est de constater que des camarades prennent la liberté de parler au nom et à la place des autres. J’ai eu la désagréable surprise en lisant la presse du jour de voir que certains se sont exprimés à ma place. C’est désagréable parce que les propos imputés ne sont pas exacts. C’est également  désagréable parce que c’est sous-entendre que les femmes – qui plus est élues – ne disposeraient pas de l’autonomie pour s’exprimer par elles-mêmes. C’est désagréable enfin parce que c’est s’asseoir sur ce que j’ai pu dire mardi 9 janvier devant 80 responsables socialistes, sauf à ce que ces derniers aient tous été frappés d’une amnésie collective.

Aussi, je remercie ceux qui ont jugé nécessaire de parler à ma place d’y renoncer à l’avenir : ce sera plus élégant et évitera tout malentendu.

Afin que les choses soient bien claires, voici le positionnement que j’ai adopté pour ce congrès et que j’ai exprimé lors de la réunion  qui s’est tenue au siège du PS à Solférino :

1. Je fais le constat, avec d’autres, que le PS ne compte pas aujourd’hui dans ses rangs une figure de la stature d’un François  Mitterrand dotée d’une aura politique et intellectuelle susceptible d’entraîner une adhésion très large.

Des lors, le ou la camarade qui deviendra premier ou première secrétaire le sera non pas « intuitu personae » mais à l’issue d’une construction de sa candidature.

Cela n’a rien de choquant, et l’histoire du Parti socialiste montre que sa gouvernance s’est souvent appuyée avec succès sur le collectif. L’exemple le plus récent est la « dream team » que constituait le trio Jospin / Aubry et DSK en 1997 :  ce trio s’appuyait sur 3 personnalités fortes, aux orientations politiques pas totalement équivalentes mais sur la base desquelles ils ont bâti des compromis qui ont transformé et relevé la France. Quand ce trio s’est dissous pour différentes raisons, il n’a malheureusement pas été remplacé et l’efficacité et l’attractivité du PS ont été moindres.

2. Le second constat porte sur les militants. Depuis 2012, sans doute plus de la moitié nous a quittés, fatigués des « gueguerres » intestines, des petites phrases assassines des uns sur les autres et de notre incapacité globale à jouer collectif. Le PS s’est mis peu à peu à ressembler à un orchestre fou où chacun voulait jouer sa partition sans se soucier des autres ce qui a abouti à une cacophonie qui a détruit toute partition aussi belle soit elle.

Parallèlement, les militants qui sont les meilleurs capteurs du pouls du pays n’ont pas été écoutés : je pourrai vous citer toutes les motions votées par le conseil fédéral du PS de Tarn-et-Garonne, qui ont été transmises à Paris et qui sont restées lettres mortes sans même faire  l’objet d’un accusé de réception. Pour en avoir discuté avec plusieurs premiers secrétaires fédéraux,  je sais que le 82 ne fut pas une exception.

3. Face à ce double constat, nous avons décidé avec Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral de la Haute-Garonne, Emmanuel Grégoire, premier secrétaire fédéral de Paris, Nicolas Brien, premier secrétaire fédéral de l’Allier, Gabrielle Siry co-initiatrice d’un collectif de jeunes cadres du PS, et de nombreux camarades de proposer une démarche de construction à la fois d’une motion et d’une candidature pour la fonction de premier secrétaire national.

Cette démarche commune vise à redéfinir ce que doit être la gouvernance du PS avec des engagements fermes à l’égard des militants et à cranter de manière concrète et explicite notre vision pour la société française sur l’ensemble des grands enjeux allant de la transformation écologique de notre pays à notre positionnement européen, en incluant bien sûr la construction d’un nouveau progrès économique et social pour le 21eme siècle ainsi que la déclinaison de la République sur tous les territoires de France ou encore la place que nous voulons donner au numérique dans toutes ses composantes. Elle pose enfin l’exigence de renouvellement suite aux défaites que nous avons subies au printemps 2017.

4. Cette démarche ne ferme la porte à personne, et certainement pas aux camarades qui ont fait le choix d’annoncer leur candidature en solo. Mais vu le nombre de signatures qu’elle a engrangées depuis dimanche dernier, elle n’entend pas non plus se contenter d’un rôle de faire valoir ou de figuration dans le congrès.

En sus de ce que j’ai indiqué mardi 9, un dernier commentaire : si le compte n’y est pas, cette démarche est en capacité de disposer du nombre de parrainages requis (16 membres du conseil national) pour déposer une motion, avec bien sûr un premier ou une première signataire.

 

 

ICHN : la nouvelle carte du Ministère de l’agriculture pénalise une nouvelle fois le Tarn-et-Garonne

 

Depuis septembre 2016, nous nous battons pour que ceux de nos territoires de Tarn-et-Garonne situés en zone agricole défavorisée puisse conserver cette classification, qui permet aux agriculteurs et notamment aux éleveurs de percevoir l’Indemnité Compensatrice de Handicap Naturel (ICHN) qui fait partie de la PAC. Cette ICHN est cruciale pour que nous puissions conserver l’élevage dans notre département.

Cette classification est en effet sujette à modification suite à une demande de la Commission européenne visant à recentrer l’ICHN sur les territoires qui en ont le plus besoin du fait de leurs caractéristiques biophysiques (qualité des sols, pente ou pas, etc.) : cet objectif paraît défendable.

Ce qui en revanche n’est pas du tout défendable, c’est la manière avec laquelle le Ministère de l’agriculture entend décliner cet objectif sur nos territoires : c’était le cas sous le précédent quinquennat, c’est encore le cas avec ce nouveau gouvernement. Tout d’abord, le Ministère s’est appuyé pour le 82 sur des données fausses concernant certains sols… et a refusé de corriger sa carte en intégrant les données justes qui lui ont été transmises, ce qui paraît incroyable et est totalement inadmissible. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai saisi au printemps 2017 le Conseil d’Etat, et que la saisine est toujours en cours.

Depuis, le Ministère de l’agriculture a organisé de nouvelles réunions. La dernière date du 20 décembre 2017, et c’est au cours de cette réunion qu’il a diffusé une nouvelle carte (cf. lien internet ci-dessous) faisant craindre que des communes aujourd’hui classées ICHN ne le soient plus. D’après ce qu’on peut lire, il s’agirait de Montauban, Albias, Cayrac, Nègrepelisse, Saint-Etienne de Tulmont, Genebrières, La Salvetat Belmontet, Monclar de Quercy, Puygaillard de Quercy, Vaïssac. Cette liste découle de notre lecture de la carte car le Ministère a refusé de nous indiquer précisément les communes qui ne seraient plus éligibles à l’ICHN. Elle est par conséquent susceptible d’erreur d’interprétation.

Néanmoins, sur la base de cette nouvelle carte, il semblerait que seules 31 communes de la 1ère circonscription resteraient éligibles à l’ICHN contre 62 aujourd’hui. Cette proposition est inadmissible : elle méconnaît totalement la réalité de nos territoires.

Pour ma part, je poursuis les démarches auprès du Ministère et également celles entamées par voie judiciaire.

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