République – laicité

Il y a quelques jours, la maire LR de Montauban, Brigitte  Barèges, a indiqué qu’il « est temps que l’on prenne les armes, au sens propre comme au sens figuré ».

Parce que je pense que les morts et les blessés de Nice méritaient le respect auquel pouvait modestement contribuer l’unité nationale, je souhaitais initialement ne pas réagir, car la polémique constitue une insulte aux victimes. Mais il me semble, à la réflexion, que le silence ne peut pas être la seule réponse face à un tel appel.

Quand on est élu de la République,  notre première responsabilité est d’assurer la cohésion du pays, et le faire sans jouer avec l’ambiguïté des mots.

Si « prendre les armes » signifie soutenir les forces armées régulières de notre pays, alors oui. Il est d’ailleurs grand temps que la maire LR de Montauban s’en soucie, elle qui a voté entre 2007 et 2012, lorsqu’elle était députée, la suppression de 12 000 postes dans la police nationale et la gendarmerie et de 36 000 postes de militaires qui œuvraient pour notre Défense.

Si « prendre les armes » signifie monter les citoyens les uns contre les autres, alors non. Cela commence par arrêter de créer une ligne de fracture dans la société en se référant sans cesse à la religion. La Maire LR ne cite dans sa communication comme victimes que les Chrétiens et les Musulmans, oubliant les Juifs et tous ceux qui ne revendiquent aucune religion.

Pour ma part je préfère avoir comme boussole commune  le duo « Républiquelaïcité ». Il est vrai que cette exigence de laïcité inscrite dans la République a pu parfois connaître quelques entorses dans sa mise en œuvre et que ces entorses ont sans doute conduit à créer un terreau de division. C’est pourquoi je lance moi aussi un appel, non pas à « prendre les armes » comme le veut la maire LR  de Montauban,  mais à se montrer fermes dans l’exigence de tous les principes de notre République, à commencer par la laïcité, à commencer par le respect absolu de notre droit, à commencer par le soutien aux forces de l’ordre en leur donnant vraiment les moyens juridiques, humains et financiers pour agir.

C’est dans cet esprit que j’ai voté la prolongation de l’état d’urgence, la création de 9000 postes supplémentaires dans la police nationale et la gendarmerie (dont la moitié est déjà mise en œuvre en 2016), le rétablissement de 28 000 postes dans la Défense (ce qui va permettre la création d’une 4ème compagnie au 17ème RGP à Montauban), et de nouveaux moyens juridiques pour les renseignements généraux.

Vive la République et vive la France

 

Loi de règlement : rappel de quelques chiffres

20160718 Paris AN loi de reglement lecture definitive

L’Assemblée nationale s’est réunie ce jour pour un vote définitif sur l’exécution du budget 2015, c’est-à-dire la manière avec laquelle le budget de l’Etat a été géré en 2015. D’ordinaire, cette séance vise à entériner les comptes de l’Etat qui sont audités et validés par la Cour des Comptes.

Parce que depuis l’attaque barbare dont ont été victimes les Niçois, j’ai entendu que certains voulaient faire naître des polémiques là où elles ne sont pas, j’ai souhaité rappeler quelques chiffres que voici.

Concernant la police nationale et la gendarmerie nationale :

  • Entre 2007 et 2012, les plafonds d’effectifs de la police nationale et de la gendarmerie nationale ont baissé de 12 519 postes temps plein. Les plafonds correspondent à des effectifs maximum autorisés.

Concrètement, cette baisse du plafond s’est traduite par une suppression de 9 780  postes (en équivalent temps plein) sur la période.

  • Depuis 2012, nous avons augmenté ces plafonds d’effectifs, parce que nous considérions qu’il était inacceptable de demander « plus » aux forces de l’ordre en leur donnant moins de moyen.

Entre fin 2012 et fin 2015, les plafonds de la police nationale et de la gendarmerie nationale ont été augmentés de 3 002 postes temps plein.

Comme un recrutement ne se fait pas du jour au lendemain il y a le recrutement proprement dit et il y a la formation absolument indispensable cela s’est traduit par une augmentation d’effectifs de 1 901 temps plein.

  • Cette augmentation d’effectifs s’est accompagnée d’un renforcement des moyens financiers. Ainsi les budgets de la gendarmerie et de la police ont augmenté plus vite que l’ensemble des dépenses publiques depuis 2012, alors qu’entre 2007 et 2012 elles ont progressé quasiment 2 fois moins vite que les dépenses publiques globales.

Concernant la Défense :

  • Entre 2007 et 2012, les plafonds d’effectifs de la Défense ont baissé de 36 709 postes temps plein. Ceci s’est traduit par une baisse réelle des effectifs de 34 426 postes temps plein.
  • Lors de la révision de la loi de programmation militaire en 2015, nous avons acté la fin de la baisse des effectifs dans la Défense.

Concrètement, les suppressions d’effectifs devaient s’élever à 25 794 postes temps plein pour le Ministère de la Défense sur la période 2015-2018.

En 2015, nous avons décidé d’inverser la tendance. Ainsi, à la place des suppressions de 25 794 postes sur 4 ans, il y a la création de 2 300 postes temps plein, soit un différentiel de 28 094 postes équivalent temps plein sur ces quatre années.

Donner des moyens ne saurait bien sûr résoudre les questions et les difficultés qui traversent et heurtent profondément notre société. Mais notre responsabilité de parlementaires est aussi de faire en sorte que les moyens soient alloués sur les priorités que nous nous fixons.

Lien vers la vidéo de BFM TV : en cliquant

Dans 76 départements, les subventions d’investissement versées aux communes et EPCI ont augmenté

Dans le cadre du rapport que je remets à mes collègues sur le débat d’orientation sur les finances publiques, j’ai réalisé avec les administratrices et administrateurs de la commission des finances de l’Assemblée nationale un bilan de l’évolution des subventions d’investissement versées par l’Etat aux communes et communautés de communes (EPCI), entre 2012 et 2015.

Les subventions d’investissement sont les suivantes : la DETR (Dotation d’équipement des territoires ruraux), le FCTVA (Fonds de compensation de TVA), les amendes de police, la dotation politique de la ville (DPV).

Voici le résultat :

Investissement

Près des trois quarts des départements de métropole, ont vu ces dotations et subventions, d’investissement, versées au bloc communal augmenter. Ainsi, tous les départements apparaissant en vert (du clair au foncé) sur la carte ont connu une augmentation, entre 2012 et 2015, du montant total de subventions d’investissement versées par l’Etat aux communes et EPCI. Cette tendance devrait se confirmer et se renforcer en 2016 avec la mise en œuvre du fond de soutien à l’investissement local doté de 1 milliard d’euros, et qui sera prolongé en 2017 et augmenté à 1,2 milliard d’euros.

Le rapport est disponible en cliquant sur le lien suivant.